Vainqueur de Top Chef 2021, le chef développe Chik'Chill, une enseigne de poulet frit revendiquant un sourcing français, avec le groupe Bertrand. Deux adresses ont déjà ouvert en région parisienne.
Vainqueur de Top Chef en 2021, Mohamed Cheikh aurait pu prolonger sa carrière dans les cuisines étoilées qui l'ont formé. Le chef a choisi une autre voie, le poulet frit en centre commercial. Avec Chik'Chill, lancé en partenariat avec le groupe Bertrand, il développe une enseigne de restauration rapide qui revendique un poulet élevé en France. Deux adresses ont déjà ouvert en région parisienne.
Le parcours du chef tranche avec sa destination. Passé par les cuisines du Lucas Carton, du Royal Monceau et du Drugstore des Champs-Élysées, il remporte la douzième saison de Top Chef face à Sarah Mainguy, à l'issue d'une finale tournée à l'hôtel George-V, devant un jury composé de Philippe Etchebest, Michel Sarran, Hélène Darroze, sa mentore dans l'émission, et Paul Pairet. Mohamed Cheikh a aussi raconté publiquement, notamment à la télévision fin 2024, le racisme et les brimades subis dans les brigades de la haute gastronomie. Un récit qui éclaire ses choix d'implantation, puisque ses restaurants ouvrent à Saint-Ouen ou à Créteil, pas dans les quartiers chics de la capitale.
Avant Chik'Chill, le chef a multiplié les formats pour se faire la main. Un restaurant éphémère, Manzili, au Jardin des Plantes, qui aurait servi des dizaines de milliers de repas en quelques mois. Puis, en 2024, une brasserie méditerranéenne permanente, Meïda, à Saint-Ouen-sur-Seine, avec un menu du midi à 19,50 euros. Chik'Chill marque une étape de plus dans cette descente assumée de la gamme tarifaire, du restaurant de chef au fast-food à moins de dix euros, sans renoncer pour autant au discours sur le sourcing et la qualité.
Chik'Chill est co-développé avec Bertrand Franchise, la branche franchises du groupe Bertrand, l'un des plus gros opérateurs de restauration en France, fort de plus de 1 200 restaurants et de 380 franchisés, qui exploite notamment Burger King, Hippopotamus, Léon ou Pitaya. L'enseigne se positionne en street food premium, à rebours des références américaines du secteur. Son argument central, un poulet élevé en Bretagne, présenté sous le label Nature d'Éleveurs. « Mon idée, c'était de réinventer la street food française », résume le chef. Le concept s'inscrit dans une dynamique de groupe qui revendiquait, pour 2025, plus de 150 ouvertures sur l'ensemble de ses enseignes.
La première adresse a ouvert le 22 février 2025 au centre commercial Créteil Soleil, dans le Val-de-Marne, sur quatre-vingts couverts et dans un décor de loft urbain mêlant béton ciré et bois brut. Une deuxième a suivi le 28 mars 2026 au centre Westfield Vélizy 2, dans les Yvelines. Côté carte, les burgers s'affichent de 9,90 à 13,90 euros en menu, complétés de wings, de tenders et d'une gamme de neuf sauces maison. La marque s'est présentée comme primo-exposante au salon Franchise Expo Paris 2026, signe d'une volonté de déploiement, même si aucun objectif chiffré de points de vente n'a été rendu public.
Pour le groupe Bertrand, l'opération coche plusieurs cases, un nom connu du grand public et un positionnement français sur un créneau en forte croissance, le poulet frit, où dominent les enseignes américaines. Pour Mohamed Cheikh, c'est un concept à son image, accessible et pensé pour être dupliqué.