Lancée à Montpellier par deux anciens de la grande distribution, l'enseigne de cuisine grecque enchaîne les ouvertures et affiche l'une des meilleures notes du Pays basque sur Uber Eats. Cinq restaurants, 2,85 millions d'euros de chiffre d'affaires, et déjà six villes réservées.
À Anglet, dans le Pays basque, le restaurant grec Gyraya affiche un 4,8 sur 5 sur Uber Eats, l'une des meilleures notes de sa zone de livraison. Mais derrière cette adresse se cache une jeune franchise qui se développe vite : cinq restaurants en quatre ans, et l'ambition d'en compter cinquante.
Gyraya est lancée en 2022 à Montpellier par Charles Couturier et Tom Igounet, deux amis d'enfance passés par la direction de magasins de grande distribution. Dès la fin 2022, ils créent une structure dédiée à la franchise, signe que le passage à l'échelle était prévu dès le départ. Suivent Bordeaux, premier franchisé en 2024, puis Mérignac, et enfin Anglet, ouvert le 24 avril 2026, plus grand format du réseau avec 200 mètres carrés et 46 places, lancé par un franchisé venu de la restauration rapide. Le concept : une street food grecque à composer, pita ou bowl, déclinée en versions végétarienne, vegan et halal, servie sur place comme en livraison.
Le réseau a réalisé près de 2,85 millions d'euros de chiffre d'affaires sur son dernier exercice. Surtout, le premier franchisé, à Bordeaux, a atteint 1,4 million d'euros dès sa première année d'exploitation, un résultat qui crédibilise le modèle, avec une rentabilité nette annoncée entre 10 et 15 %. Le ticket moyen en salle tourne autour de 20 euros. Côté conditions, le droit d'entrée s'élève à 25 000 euros, l'investissement global à environ 300 000 euros et l'apport personnel demandé entre 70 000 et 80 000 euros. L'enseigne a été primée au concours Passeport pour la Franchise 2024.
Le concept repose sur la personnalisation. Le client compose sa pita ou son bowl, choisit sa viande marinée à la grecque ou une alternative végétale, ajoute légumes, féta et sauces. L'offre couvre les régimes végétarien, vegan et halal, un spectre large destiné à ne fermer aucune table. Surtout, l'enseigne se place sur un terrain peu disputé : en France, la cuisine grecque à emporter reste dominée par le kebab et une myriade d'indépendants, sans véritable enseigne nationale. Là où le burger, la pizza ou le tacos comptent déjà leurs chaînes, le grec demeure un marché atomisé, que Gyraya entend structurer la première.
La livraison, sur Uber Eats et Deliveroo, est au cœur du modèle. Et c'est là que la marque détonne : sa note de 4,8 tranche dans un marché de volume où les locomotives locales, comme La Pizza de Nico ou le Burger King d'Anglet, cumulent des centaines d'avis mais des notes plus basses, autour de 4,4 et 3,8. Gyraya assume un positionnement un peu plus cher que le grec à emporter traditionnel, justifié par le sourcing et la composition à la carte, et joue la satisfaction sur un créneau étroit là où les géants misent sur le débit. Une stratégie de niche qui se traduit dans les classements des plateformes.
Le développement a été pensé en franchise dès l'origine. Quelques mois seulement après le premier restaurant, les fondateurs ont créé une entité dédiée au déploiement du réseau, distincte de l'exploitation, une séparation rare à un stade aussi précoce et révélatrice d'une ambition de duplication assumée. L'enseigne affiche des objectifs nets : huit restaurants ouverts fin 2026, puis cinquante en 2028, avec Lyon, Marseille ou Toulouse en ligne de mire. Et la dynamique se confirme : six villes ont déjà été réservées par de futurs franchisés. À ce stade, avec cinq adresses, le pari reste à transformer, mais les fondamentaux, des unités rentables et un concept clair sur un créneau encore vierge, donnent à la trajectoire une cohérence rare pour une enseigne aussi jeune.