mercredi 24 juin 2026 DringActualitésgetdring
Enseignes

Club Café, le coffee shop lillois qui grandit à contre-courant

Né d'un kiosque de 20 mètres carrés à Lille, le troisième réseau français de coffee shops accélère et veut doubler de taille, alors même que le marché entre en zone de turbulences.

Club Café vient d'ouvrir deux adresses, à Val Thoiry et à Rennes. Derrière ces inaugurations, un réseau qui accélère : troisième acteur français du coffee shop avec 54 points de vente, l'enseigne lilloise veut doubler de taille d'ici 2029. Le tout sur un marché qui, lui, commence à se tendre.

54
Points de vente, 3e réseau français
2004
Création, à partir d'un kiosque lillois de 20 m²
75 000 €
Droit d'entrée pour un franchisé

D'un kiosque de 20 mètres carrés à un réseau national

L'histoire débute en 2004 à Lille, avec un kiosque de 20 mètres carrés dans le centre commercial Euralille, ouvert par Nicolas Mouche et Mehdi Mousserati. Vingt ans plus tard, le réseau compte 54 points de vente, dont 44 en franchise, et se classe troisième derrière Starbucks, autour de 260 adresses, et Columbus Café, 253. En 2024, pour ses vingt ans, l'enseigne a simplifié son nom, abandonnant le « Le » d'origine, et adopté une nouvelle identité, avant d'être distinguée parmi les plus fortes croissances du secteur food en 2025.

Un modèle taillé pour s'implanter partout

La force de Club Café tient à un détail technique, l'absence de système d'extraction. Décliné en plusieurs formats, kiosque, boutique ou corner, le concept peut s'installer en galerie marchande, en centre-ville ou en gare sans travaux lourds, là où les leaders saturent déjà les meilleurs emplacements. Pour un franchisé, le droit d'entrée s'élève à 75 000 euros, l'investissement global entre 150 000 et 350 000 euros. L'objectif affiché est de huit à dix ouvertures par an, avec à terme un réseau doublé.

Ce parti pris technique a des effets en chaîne. Sans extraction, les coûts d'aménagement et la facture énergétique baissent, l'implantation se négocie plus vite avec les bailleurs et le retour sur investissement du franchisé se rapproche. C'est aussi ce qui permet à l'enseigne de viser des emplacements compacts, quelques dizaines de mètres carrés, là où Starbucks ou Columbus déploient de grandes salles. Une stratégie d'interstice, qui consiste à occuper les espaces que les géants jugent trop petits pour eux.

Un marché qui se refroidit

L'accélération intervient à contretemps. Le marché français des coffee shops compte environ 2 100 établissements pour 750 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont un tiers sous enseigne, et il a bondi de 74 % en dix ans, selon le cabinet Xerfi. Mais il entre désormais en phase de maturité : Xerfi estime que plus de la moitié des acteurs sont en perte, les fermetures s'accélèrent depuis fin 2024 et les cours du café se sont envolés. La période d'expansion facile est terminée.

Les géants resserrent l'étau

La concurrence, elle, s'intensifie. Columbus Café, deuxième du marché avec 253 adresses et 132 millions d'euros de chiffre d'affaires, vise les 500 points de vente et s'est adossé à de nouveaux actionnaires, dont la banque publique Bpifrance et le groupe Eram. Starbucks, qui domine le secteur, affiche l'ambition de doubler son parc français. Et un nouvel entrant capitalisé débarque : l'américain Dunkin a ouvert ses deux premières adresses parisiennes en mai 2025, avec l'objectif de plusieurs dizaines d'ouvertures en Île-de-France.

Face à ces poids lourds, Club Café joue sa carte : un format léger, sans extraction, capable de se glisser là où les autres ne vont pas, et un ancrage régional assumé. La vraie question des prochaines années sera de savoir si ce modèle tient le choc de la flambée des cours du café et de l'arrivée des géants américains.

SourceSources croisées : L'Express Franchise, Le Journal des Entreprises, Xerfi, LSA, Snacking
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